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Quel sera l’impact de l’appel au boycott et des manifestations anti-françaises dans certains pays musulmans?

Une première page de Charlie Hebdo projetée sur l’hôtel de la région de Montpellier, 21 octobre 2020 – N. Bonzom / Maxele Presse

  • Des appels au boycott des produits français ont été lancés dans plusieurs pays du Moyen-Orient, dont le Qatar, le Koweït et la Jordanie.
  • L’initiative vise plus à marquer les esprits de manière symbolique qu’à pénaliser économiquement la France.
  • Les experts se demandent si Recep Erdogan, le Premier ministre turc, ne se cache pas derrière cette nouvelle initiative anti-française.

Plus que Confitures Saint-Dalfour sur les étagères des magasins qatariens. Pas plus de
Sonnette bébé ou Kiri dans ceux de son voisin
du Koweït. Sans oublier les réservations de vols vers Paris désormais suspendues dans 450 agences de voyages.
Les demandes de boycott des produits français se sont multipliées au cours du week-end dans plusieurs pays du Moyen-Orient,après les mots
par Emmanuel Macron qui a promis de ne pas «abandonner les dessins animés» du Prophète Muhammad lors de l’hommage à Samuel Paty.

Outre le Qatar et le Koweït, la Turquie, l’Iran et la Jordanie ont également demandé d’éviter les produits. Fabriqué en France. Au Pakistan,
le Premier ministre, Imran Khan, il a directement attaqué son homologue français en l’accusant “d’attaquer l’islam” et de “blesser des millions de musulmans dans le monde”. Comme ceux rassemblés à Ras-Al-Ain, dans le nord de la Syrie, qui ont brûlé dimanche un drapeau français en réaction …

Les images sont d’autant plus impressionnantes que la foule brandit, en opposition, le drapeau noir de Daech. Preuve que nous sommes plus confrontés à un message symbolique qu’à un mouvement de masse. «Le boycott des produits français au Moyen-Orient est le premier, mais il ne faut pas le surestimer», dit-il.
Frédéric Encel, professeur de géopolitique à Sciences Po *. On parle de cinq pays alors que le monde compte 57 États majoritairement musulmans. On parle du Qatar et de ses 300 000 habitants alors qu’il y a 1,5 milliard de musulmans sur Terre … “

Le risque de sanctions en retour de l’UE

Sur le plan économique, ce boycott, diffusé principalement à travers les réseaux sociaux, ne menace pas directement la France, les échanges étant en effet limités. Par exemple: la France n’a pas exporté, en 2019, “Quoi” 600 millions de produits au Koweït, contre 70 milliards à l’Allemagne. «Surtout, si ce boycott se poursuit, ces pays vont subir un retour des sanctions avec un boycott de toute l’Union européenne, prophétise Frédéric Encel. Ce n’est pas vivable pour eux … “

Doctorat en géopolitique, Anne-Sophie Sebban-Bécache il estime également qu’il s’agit avant tout d’une initiative symbolique. “Nous nous en souvenons
Recep Erdogan a appelé au boycott des produits chinois en faveur du peuple ouïghour, souvenez-vous. Finalement, il a abandonné en échange d’importants investissements chinois en Turquie … “

Sous contrôle dans son pays, Erdogan fléchit ses muscles

Sauf qu’aujourd’hui c’est la France que le Premier ministre turc a dans le nez. Et de déclamations, il est passé à des menaces subtilement voilées. Ce week-end, il a douté à deux reprises de la «santé mentale» d’Emmanuel Macron, déclenchant une crise diplomatique. «Il est difficile de dire si Erdogan est derrière cet appel au boycott, mais il est à la tête du groupe qui alimente le feu», poursuit Anne-Sophie Sebban-Bécache. Nous n’avons pas attendu ce week-end pour le voir essayer d’étendre son influence. “

Une nécessité plus qu’une vraie volonté. «Erdogan échoue sur sa géopolitique externe et est accablé en interne par le contexte socio-économique», explique Frédéric Encel. Alors il fléchit ses muscles pour essayer de rassurer son peuple. Comme, selon lui, les mouvements les plus fondamentalistes du Qatar ou du Koweït.

“S’ils s’essuient les pieds sur le paillasson français, c’est avant tout pour rassurer leurs supporters”, poursuit le spécialiste du Moyen-Orient. C’est un message politique interne… »que l’on pouvait encore entendre résonner lorsque le gouvernement se présenterait son projet de loi pour lutter contre le séparatisme. Le rendez-vous est déjà fixé pour le 9 décembre.

* Je viens de publier le 100 mots de guerre aux Presses Universitaires de France.



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Benoit Béringer

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