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Un vote ce dimanche pour une interdiction du niqab

Les affiches de la campagne électorale de ce dimanche. – FABRICE COFFRINI / AFP

Le Suisse Il faut décider ce dimanche d’adopter ou non l’interdiction de la dissimulation du visage, une mesure qui s’adresse aux quelques femmes qui portent le
niqab dans le pays alpin. Si oui, la Suisse adhérerait à la
France, L’Autriche, la Bulgarie, la Belgique et le Danemark en interdisant le voile intégral. Si le texte n’évoque ni la burqa – sorte de long morceau de tissu qui couvre les femmes de la tête aux pieds et muni d’une fente en filet au niveau des yeux – ni le niqab, qui recouvre complètement le corps et le visage. Sauf les yeux comprend qui a été ciblé.

Si oui, il sera alors interdit de se couvrir complètement le visage en public, mais il existe des exceptions pour les lieux de culte, par exemple. «En plus d’être inutile, ce texte est raciste et sexiste. Nous pensons qu’en 2021, en tant que féministes, il n’est pas acceptable que la Constitution suisse ait un article qui prescrit ou interdit toute tenue vestimentaire pour les femmes », a déclaré Ines El Shikh, porte-parole du collectif féministe musulman« The Purple Scarves ».

Défendre “les valeurs de notre civilisation”

“Le but de l’initiative n’est pas les musulmans, nous ne remettons pas en cause leurs pratiques religieuses”, a déclaré Jean-Luc Addor, porte-parole du parti du oui et membre du parti d’extrême droite UDC. Pour lui, il s’agit de défendre «les valeurs de notre civilisation». Le camp du oui reste en tête, mais son avance précoce dans les sondages a fondu depuis janvier.

Le gouvernement fédéral et le Parlement s’opposent à cette mesure, arguant que l’initiative s’attaque à un problème qui n’existe pas. Leur contre-proposition – qui serait adoptée immédiatement en cas d’échec du oui – obligerait les gens à montrer leur visage dès que les autorités l’exigeraient à des fins d’identification, par exemple aux frontières. Les contrevenants peuvent être condamnés à une amende allant jusqu’à 10 000 francs suisses (un peu plus de 9 000 euros).

Une question sur un accord commercial

La population doit également voter sur deux autres questions dont, pour la première fois, un accord commercial, en l’occurrence avec l’Indonésie. C’est l’huile de palme – à la réputation écologique sulfureuse – qui est au centre du débat. Cet accord prévoit notamment la suppression des droits de douane sur la plupart des produits échangés. Les opposants critiquent la déforestation, les violations des droits de l’homme et de l’environnement, mais aussi les critères de certification de l’huile de palme elle-même, contenus dans l’accord. Un sondage réalisé en février a clairement favorisé l’adoption du texte (à 52% contre 42%).

Le dernier référendum porte sur l’adoption d’une identité électronique approuvée par l’État fédéral qui faciliterait et sécuriserait de nombreuses procédures en ligne. Il serait accordé sur une base volontaire à une entreprise agréée par le gouvernement fédéral. Et c’est là que la chaussure pince les opposants soucieux de permettre aux entreprises privées d’accéder à des informations sensibles. Les résultats sont attendus dans l’après-midi, les bureaux de vote fermant à 12h00. L’écrasante majorité des Suisses votent à l’avance.

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Benoit Béringer

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